Tadej Pogacar remporte le Tour de France 2026 et entre dans l’histoire
Le Tour de France 2026 a été le théâtre d’une lutte intense entre deux cyclistes d’exception, chacun affichant des compétences distinctes. Cette compétition a été marquée par des échappées spectaculaires, des stratégies d’équipe captivantes et des retournements de situations, culminant dans une étape particulièrement exigeante.
Les attentes d’une bataille pour le maillot jaune se sont rapidement estompées. À 42 km de l’étape six, au-dessus de La Mongie, Tadej Pogacar a distancé Jonas Vingegaard et les autres prétendants sur le Col du Tourmalet. Son attaque, à la fois familière et décisive, a créé un écart inapprochable.
Marc Madiot, ancien directeur de la FDJ United, a analysé la course pour le maillot jaune sur RMC et n’a pas été avare de commentaires.
« Il n’y a eu qu’un seul coureur qui a attaqué dans ce Tour : Tadej Pogacar. Il a attaqué une fois, et tout le monde a compris que c’était fini. »
Pour les amateurs de cyclisme, l’art des grands champions se résume parfois à cela : ils ne se contentent pas de briser le suspense, mais l’écrasent avant même qu’il n’ait eu la chance d’exister. Les spectateurs ont dû se satisfaire de Pedersen avec le maillot vert ou de Richard Carapaz avec les pois.
Une victoire historique
À partir de ce moment sur le Tourmalet, les perspectives de Pogacar de rejoindre Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Induráin en tant que quintuple vainqueur étaient désormais solides. Dimanche soir, le champion du monde a ainsi fait son entrée dans les annales de l’histoire. Même avec l’ascension de Paul Seixas et la confirmation de Remco Evenepoel comme l’homme du Tour, peu de gens parieraient contre « Pogi », s’il décide de viser le record absolu en 2027.

Un parcours sans faux pas
Pogacar se distingue dans de nombreux domaines, mais dans le cercle restreint des vainqueurs quintuple du Tour, il se démarque encore plus : il est plus jeune que les quatre autres et, contrairement à ses prédécesseurs, il a vécu un parcours serein vers l’histoire sans connaître de faux pas. Contrairement aux grands champions ayant précédé, Pogacar n’a jamais eu à redouter que la victoire lui échappe.
Les rumeurs selon lesquelles il aurait opté pour un short noir lors de la dernière semaine pour masquer des soucis d’estomac ne peuvent pas être considérées comme un incident anodin. Cela s’avère d’autant plus vrai lorsqu’on les met en parallèle avec le nez cassé de Hinault, qui avait l’air d’un boxeur après sa chute à Saint-Étienne lors de sa cinquième victoire. Tout comme la plaie ouverte à l’aine qui a accompagné Merckx durant la course de 1974, requérant « des soins constants, des bains, l’application de crème et de pansements stériles, et du rembourrage avec des morceaux de mousse et des pansements ». Merckx a remporté huit étapes lors de ce Tour, mais il était proche de l’effondrement à l’arrivée au sommet de Pla d’Adet et n’a jamais retrouvé son niveau d’antan par la suite.
Comparaisons avec les légendes
De même, bien que Lance Armstrong ait été finalement dépouillé de sa victoire pour dopage, 2003 a été l’unique Tour où il n’a pas eu la course en main jusqu’au dernier contre-la-montre. En 1995, « Big Mig » Induráin et son équipe Banesto ont connu une journée chaotique dans le Massif Central en direction de Mende. Anquetil, quant à lui, a frôlé la défaite face à Raymond Poulidor en 1964 et a pu remercier sa bonne étoile que « PouPou » ait eu une crevaison lors d’un contre-la-montre crucial.

Dans le panthéon des plus grands champions de cyclisme, Pogacar a largement surpassé Big Mig, qui, bien que physiquement impressionnant, était avant tout un spécialiste des Grands Tours, fuyant les Classiques d’un jour et n’ayant jamais remporté de titre mondial sur route. Il se situe bien au-dessus de l’astucieux mais charismatique Anquetil, un autre qui n’a jamais brillé dans les Classiques. Cependant, Pogacar n’aura jamais l’occasion de rivaliser avec le défi de carrière le plus quixotesque de « Maître Jacques », qui a remporté la course par étapes du Dauphiné Libéré (aujourd’hui connu sous le nom de Tour Auvergne Rhône Alpes) et le marathon Bordeaux-Paris en étant motorisé sans un jour de repos.
Le débat statistique devient plus compliqué lorsqu’il s’agit de Hinault. Pogacar a pris l’avantage sur le « Blaireau » en termes de grandes victoires d’un jour, avec 13 Classiques Monument à son actif, ainsi que deux titres mondiaux sur route. Toutefois, Hinault a remporté davantage de Grands Tours, ayant triomphé à la Vuelta et au Giro deux fois chacun, contre un seul Giro pour Pogacar. En ce qui concerne Merckx, le Slovène a remporté moins de Grands Tours, moins de titres mondiaux et moins de Monuments que le « Cannibale », qui a également, de manière célèbre et douloureuse, établi le record du monde de l’heure.
Le débat sur le plus grand cycliste de tous les temps se poursuivra et pourrait prendre un tournant supplémentaire si Pogacar participe à la Vuelta et aux championnats du monde plus tard dans l’année. Car s’il s’engage dans ces courses, il y a de fortes chances qu’il les remporte toutes les deux. Ce n’est que lorsque Merckx et Hinault étaient à leur sommet que cette possibilité aurait pu être envisagée, et c’est là la meilleure illustration de la position où les trois dernières semaines ont placé Pogacar.