La France termine le Grand Chelem de Mongolie sans médaille d’or
La France quitte Oulan-Bator sans remporter de médaille d’or, se contentant de trois médailles d’argent et d’une en bronze, toutes obtenues par des athlètes féminines. Après la victoire de Sarah-Léonie Cysique (-57 kg) lors de la première journée du Grand Chelem mongol vendredi, Audrey Tcheuméo (-78 kg) et Romane Dicko (+78 kg) ont perdu en finale ce dimanche. Célia Cancan, battue en quarts des +78 kg par sa compatriote (ippon en 1’52 »), a réussi à décrocher le bronze face à l’Estonienne Emma-Melis Aktas, qui avait éliminé Dicko en quart lors des championnats d’Europe d’avril à Tbilissi, grâce à un yuko marqué à sept secondes de la fin. La jeune Française de 19 ans a ainsi remporté sa deuxième médaille en seulement quatre Grands Chelems disputés.
Performances des judokas féminines
Après avoir maîtrisé ses trois premiers combats, Dicko a rencontré en finale Mao Arai, qu’elle avait déjà battue en quarts au Grand Chelem de Paris après un combat de 7’12 ». Lors du début du match, les deux combattantes ont engagé un kumi-kata (prise de garde), avec Arai se concentrant sur les contres. Chacune a reçu deux pénalités, risquant une disqualification en cas de troisième, ce qui n’est pas arrivé.
Dans le golden score, Dicko aurait pu remporter le combat avec un yuko qui a finalement été accordé à Arai, mais annulé après révision vidéo. Cela a redonné de l’énergie à Arai, qui a réussi à faire tomber Dicko au sol, en bloquant son bras gauche. La championne du monde 2022 a alors été contrainte de « taper », laissant ainsi la vice-championne du monde 2025 triompher. Romane Dicko devra patienter avant de conquérir son dixième Grand Chelem.
Audrey Tcheuméo, âgée de 36 ans, visait son onzième titre depuis son premier en 2010. Après une journée impressionnante où elle a dominé ses quatre premières adversaires grâce à sa force et à une technique variée, la double médaillée olympique (3e en 2012, 2e en 2016 en -78 kg) a accédé à la finale des -78 kg.
En finale, elle a affronté Yelyzaveta Lytvynenko, qui l’avait battue en quarts de finale au Grand Chelem de Paris en février. Après avoir reçu une pénalité pour non-combativité à mi-combat, Tcheuméo a été prise au sol et, bien qu’elle ait failli se dégager, l’Émiratie d’origine ukrainienne a su résister pour remporter son second titre consécutif en Grand Chelem, après sa victoire à Douchanbé en mai.
Résultats des judokas masculins
Dans la catégorie des -78 kg, Kaila Issoufi (25 ans) a également des regrets : en huitièmes de finale, elle menait avec un waza-ari à 20 secondes de la fin, mais a écopé d’une troisième pénalité pour avoir touché le pantalon de son adversaire, la Croate Petrunjela Pavic. Ce troisième shido a entraîné sa disqualification et une défaite pour la médaillée de bronze continentale, qui n’a pas été repêchée et se retrouve donc non classée.
Du côté masculin, les résultats des Bleus ont été moins éclatants. Alexis Mathieu (-90 kg), Fares Mekhoukh (-100 kg) et Mathéo Akiana Mongo (+100 kg) ont été éliminés rapidement sans repêchage dans leurs catégories respectives. Maxime-Gaël Ngayap-Hambou était la dernière chance pour les hommes d’éviter de repartir de Mongolie sans médaille. Le médaillé de bronze des -90 kg aux JO de Paris 2024 a été battu en petite finale par Boris Rutovic, qui a réussi un sumi-gaeshi (projection) en moins d’une minute.
Cette action a été validée par un waza-ari pour le Serbe, qui avait déjà éliminé Alexis Mathieu en huitièmes de finale (ippon). Ngayap-Hambou a ensuite évité une troisième pénalité, synonyme de disqualification. Il termine cinquième et rate ainsi l’opportunité de remporter une quatrième médaille en Grand Chelem, la première depuis Paris en 2024.
Le Grand Chelem de Mongolie a marqué le début de la quête de quotas pour les JO de 2028 à Los Angeles. La France avait engagé dix-huit judokas (10 femmes, 8 hommes), mais pas Joan-Benjamin Gaba, le champion du monde des -73 kg, blessé à l’épaule droite. Le bilan français se résume donc à quatre médailles, sans aucune en or. Ce résultat contraste avec celui du Japon, qui a dominé la compétition avec onze médailles, dont neuf en or, six sur sept possibles pour les femmes et deux pour les hommes.