Les Bleus remportent deux médailles et surprennent aux Championnats d’Europe 2026
Le bronze peut parfois briller comme de l’or. C’est le cas de Kaila Issoufi, qui a terminé troisième en -78 kg dimanche lors de sa première compétition continentale. Elle n’a été battue en demi-finale que par l’Italienne Alice Bellandi, championne olympique et du monde en titre, qui a triomphé à Tbilissi. « Cette médaille a le goût de la résilience. Il y a un an, je n’étais même pas dans le ranking mondial », déclare la Française de 25 ans, qui a changé de catégorie en février 2025. « Je voulais le titre, mais j’ai perdu contre la meilleure du monde. Pas de regrets. »
Succès collectif des judokas français
Cette médaille s’ajoute à celles obtenues par le duo composé de Léa Fontaine et Romane Dicko en +78 kg, ce qui élève le total français à 12 médailles, soit deux de plus qu’en 2025. Cette année-là, le niveau était moins élevé en raison des conséquences des Jeux Olympiques, tandis qu’en 2026, la compétition marque le début de la quête de quotas pour Los Angeles 2028.
Les Françaises réalisent un exploit en obtenant au moins un podium dans chacune des sept catégories, un fait qui ne s’était pas produit depuis 1986. Seule Martha Fawaz (-57 kg) n’a pas remporté de médaille, bien qu’elle ait terminé 7e, tout comme les neuf autres sélectionnées.
Performances individuelles remarquables
Shirine Boukli (-48 kg) est la seule à avoir remporté un titre, mais quatre autres femmes ont atteint les finales. Du côté des hommes, Luka Mkheidze (-60 kg) a été le seul à accéder à une finale, qu’il a remportée. Le bilan de l’équipe masculine se complète avec trois médailles de bronze, bien que deux catégories, à savoir -81 kg et -100 kg, n’aient pas été représentées. Stéphane Nomis, le président de la Fédération française de judo, a exprimé sa satisfaction.
« J’avais dit 10 médailles et 4 d’or. Il n’y a pas les 4 ors, mais est-ce qu’on aurait préféré 4 ors seuls ou 12 médailles ? Même sans or, j’aurais préféré 12 médailles. »
Il se réjouit de la réussite de choix audacieux, notamment ceux d’Issoufi et de Dayyan Boulemtafes, âgé de 20 ans, qui a décroché le bronze en -73 kg après avoir battu Joan-Benjamin Gaba, champion du monde en titre. « Joan a inspiré une génération à croire que tout est possible. Tout comme Dayyan, ils aspirent à prendre sa place », souligne Nomis, tout en reconnaissant le besoin d’aider Gaba à gérer son ascension rapide. Ce dernier, qui a terminé 2e en -73 kg aux JO 2024, a eu l’occasion d’échanger avec Nomis avant son retour en France, samedi. « Joan a fait rêver toute la France aux Jeux de Paris, sans lui nous n’aurions pas été champions par équipe. Il est également champion du monde avec brio en 2025. Du jour au lendemain, il doit maintenant défendre son palmarès et fait face à une pression accrue. Avant, c’était lui qui était l’attaquant. Il doit apprendre à devenir le leader. Actuellement, il n’est pas prêt. Pour lui, une médaille européenne ne semble pas être une motivation suffisante, ce qui est une erreur. » Un soutien psychologique pourrait être envisagé. Frédérique Jossinet, la manager générale des équipes de France, estime que « Joan saura se remettre en question, mais il devra surtout chercher un supplément d’âme pour défendre son titre mondial, qui se déroulera à Bakou du 4 au 11 octobre. »