Pierre Sage évoque la victoire de Lens en Coupe de France : « Une année magnifique »
« Quel est votre ressenti une heure après cette victoire (3-1 en finale de Coupe de France contre Nice) ? Je me nourris du bonheur des joueurs et des supporters. Nous avons cette opportunité de rendre les gens heureux et c’est ce qui nous comble le plus ce (vendredi) soir.
C’est votre première saison à Lens et elle est incroyable, non ? Oui, c’est ma première ici. Cette finale vient célébrer une année magnifique. Nous savons désormais que nous pouvons être ambitieux.
Vous profitez de ce moment avec retenue ? Honnêtement, je suis très heureux de voir tous ces sourires, de constater ces larmes de joie, que ce soit chez les enfants, les personnes âgées ou mes contemporains. Il y a une grande joie devant nous. J’ai admiré le bonheur des gens, et cela me suffit.
Comment s’est déroulée cette journée de finale ? Les joueurs n’ont pas modifié leurs habitudes. Ils ont joué à des jeux de société après le petit-déjeuner. Ils étaient ensemble et détendus. Pour ma part, je me suis isolé dans ma chambre et j’ai observé l’arrivée de la marée sang et or à Saint-Denis. Cela nous a donné des forces, mais nous a également inhibés durant les cinq premières minutes du match. Le public a été notre premier homme.
Quel bilan faites-vous de Florian Thauvin et de sa performance en finale ? Les gens l’ont élu homme du match, et je suis d’accord avec eux. Il insuffle de l’énergie et du rythme au jeu. Il mobilise le public derrière nous. Grâce à lui, tout le monde se reconnecte. Il possède l’expérience nécessaire pour gagner des titres. Il a beaucoup donné et a dû être remplacé à la 75e minute, épuisé. Il allie talent et effort.
Pensez-vous avoir évolué personnellement ? J’ai seulement terminé une saison entière en Ligue 1, ce qui est une première pour moi. Peut-être que je vais changer de dimension, mais cela se manifestera par mon style vestimentaire.
Cette finale a-t-elle correspondu à vos attentes ? Les Niçois nous ont surpris. Ils ont mis la pression et ont bien relancé le jeu. Certains pensaient qu’ils ne joueraient pas cette finale, mais ils ont été présents dès le début. Nous n’avons pas été très bons au début. Nous avons eu un coup de chance à 2-1 avec un ballon qui a touché notre barre. Je suis conscient de la prestation fournie par Nice. Toutefois, nous avons su nous adapter efficacement.
Vous attendiez-vous à voir le RC Lens réaliser une telle saison à votre arrivée ? Lors de la préparation, j’avais constaté des choses prometteuses. Il manquait d’ambition. Avant un match amical contre la Roma, j’ai dit aux joueurs que si nous avions la qualité sans l’ambition, cela n’avait pas de sens. Je pense que ce message a fait son chemin dans leur esprit. Le recrutement pendant la trêve a également joué un rôle. Le club est sur une bonne dynamique pour les années à venir.
Antonio et Sima, issus du centre de formation, c’est votre influence ? Ce sont des jeunes, mais ils performaient bien. Ils doivent jouer quand l’occasion se présente. Les avis médicaux concernant Kyllian (Antonio) avant la finale n’étaient pas bons. Cependant, j’ai préféré le titulariser plutôt que de le faire entrer en cours de jeu avec le risque qu’il ne puisse pas terminer, ce qui aurait entraîné deux changements. Finalement, il a joué six fois un quart d’heure. Preuve que lorsque la tête veut, le corps suit.
Quelle est votre ambition maintenant ? Compléter une deuxième saison, puis une troisième, et ainsi de suite. Les attentes sont très élevées pour les clubs. Changer d’entraîneur à tout bout de champ n’est pas la solution, comme nous l’avons vu cette saison, et cela coûte cher.
Quel rôle a joué le public lensois cette saison ? C’est un public exceptionnel. Lorsque je jouais contre Lens, je profitais de l’ambiance tout en souffrant. Aujourd’hui, en menant, j’ai réalisé à quel point il a soutenu l’équipe toute l’année. Ce n’est pas seulement au stade, c’est partout, en ville. Ils apportent sympathie et énergie. Ce public mérite d’être récompensé. C’est un beau cadeau pour tous.
Vous imaginiez-vous à cette place il y a quelques années en tant qu’éducateur ? Quel message adresseriez-vous aux entraîneurs éloignés du haut niveau qui aspirent à y accéder ? Je suis très étonné de ce que je vois. Lorsque j’étais sur le podium pour recevoir le trophée, j’ai dit à mon staff.
« Vous vous rendez compte de l’endroit où nous sommes ? »
C’était similaire lors de la remise du trophée de meilleur entraîneur de l’année. Je suis jeune dans ce métier. Mon message aux éducateurs ? Il faut persévérer et garder espoir. Pour obtenir des opportunités, il faut d’abord être une opportunité soi-même. Il est essentiel de se former, de progresser, d’apprendre, et de parler des langues étrangères pour pouvoir communiquer avec les joueurs dans leur langue maternelle, leur montrant ainsi que nous nous intéressons à eux.
Quelle accolade ou regard vous a le plus marqué ce (vendredi) soir ? Celle avec mon adjoint, Jamal (Alioui). Nous avançons ensemble depuis le début. Nous avons nos désaccords, mais nous nous apprécions énormément.
Aviez-vous hésité à rejoindre Lens il y a un an ? Non, je n’ai pas hésité. C’était un choix judicieux. »