Le comité de la culture demande des éclaircissements sur les contrôles financiers des jeux
La Commission des jeux a récemment annoncé son intention d’introduire une « évaluation des risques financiers » pour les joueurs. Cette initiative vise à mettre un terme à un conflit de cinq ans avec le secteur des courses. Cependant, un développement inattendu a eu lieu : le comité de la culture, des médias et du sport de la Chambre des communes (CMSC) a envoyé une lettre à la Commission, réclamant des précisions sur ces contrôles avant le 24 juillet.
Les préoccupations soulevées par le comité, composé de membres de différents partis, rejoignent celles formulées par l’industrie des courses. Ces préoccupations, initialement exprimées lors de la première proposition de contrôles à la fin de l’année 2020 sous le précédent gouvernement conservateur, refont surface.
Interrogations du comité
Parmi les questions posées, le comité s’interroge sur la capacité de la Commission à « publier toutes les données, preuves et méthodologie ayant conduit à sa décision ». Une autre interrogation concerne les conséquences des contrôles, notamment s’ils entraîneront une augmentation du nombre de parieurs récréatifs devant fournir « des documents ou d’autres informations financières, par rapport aux pratiques actuelles ».
D’autres préoccupations reflètent les plaintes des « parties prenantes », y compris l’industrie des courses, concernant le manque d’engagement de la Commission dans ce processus. Il a également été suggéré qu’il pourrait « n’y avoir aucune représentation de l’industrie des courses » au sein des « groupes de mise en œuvre » que la Commission envisage de créer pour soutenir la prochaine phase des contrôles.
« Il est essentiel que les personnes à risque d’endettement lié aux jeux d’argent reçoivent un soutien approprié. En même temps, tout changement réglementaire doit prendre en compte la contribution économique significative de l’industrie », a déclaré Dame Caroline Dinenage, députée et présidente, dans un communiqué joint à la lettre du CMSC.
Cette déclaration du CMSC est intervenue moins d’une semaine après que la Commission a annoncé une approche « par étapes » pour l’implémentation des contrôles, sans fournir de calendrier précis.
Réponses du secteur des courses
Cette annonce semble représenter un revers pour la campagne prolongée de l’industrie des courses, qui a inclus un débat parlementaire en février 2024, lancé par une pétition ayant recueilli plus de 100 000 signatures. Le Dr James Noyes, ardent défenseur des contrôles, a également appelé à une pause pour permettre une « évaluation et un examen adéquats » d’un projet pilote destiné à tester l’efficacité des contrôles en pratique.
Brant Dunshea, directeur général de l’Autorité britannique des courses de chevaux (BHA), a qualifié la décision « unilatérale » de la Commission d’une « claire abdication de devoir » de la part du Département de la culture, des médias et du sport (DCMS). Selon lui, ce dernier n’a pas géré ce processus de manière appropriée ni pris en compte les conséquences néfastes de cette décision.
Dunshea a réaffirmé la conviction ferme de la BHA que « plutôt que de protéger les consommateurs, ces contrôles auront l’effet inverse, en poussant davantage de clients vers le marché illégal, ce qui les expose à un risque accru de dommages liés aux jeux et prive le Trésor de revenus fiscaux nécessaires ».
La BHA a également exprimé sa frustration face à ce qu’elle perçoit comme une réticence de la Commission à collaborer avec son régulateur durant le processus de pilotage et de lancement des contrôles de solvabilité.
Demande d’accès à l’information
Le mois précédent, il a été révélé que la BHA avait pris la décision inhabituelle de soumettre une demande d’accès à l’information (FoI) à la Commission, cherchant des précisions sur l’avancement de son projet pilote. Cette démarche a été motivée par des rapports faisant état de difficultés notables pour concilier les données sur les individus provenant de différentes agences de référence de crédit.
La Commission aurait rejeté cette demande comme « vexatoire », mais elle ne pourra pas facilement éviter l’intervention du CMSC.
« Nous prenons très au sérieux l’engagement avec le parlement et ses comités sélectionnés », a déclaré un porte-parole de la Commission des jeux lundi. « Nous tenons le parlement et le comité sélect du DCMS informés de notre travail et, bien sûr, nous répondrons à la lettre de Dame Caroline Dinenage d’ici le 24 juillet. »
Ce débat a été long et parfois déroutant, notamment parce que les parieurs des courses se plaignent depuis plusieurs années des « vérifications » intrusives effectuées par les opérateurs de jeux d’argent sur leurs finances, y compris des demandes de bulletins de salaire ou de relevés bancaires.
Les opérateurs affirment qu’ils sont tenus d’effectuer des contrôles pour respecter leurs obligations légales actuelles. Cependant, aucune clarté n’a été fournie sur les critères permettant de décider d’exiger des documents des clients. Il n’est pas précisé non plus si des clients moins rentables sont indûment représentés parmi ceux soumis à des contrôles, ni si ceux jouant aux jeux de casino et aux machines à sous en ligne, initialement ciblés lors des propositions de contrôles, sont soumis aux mêmes « contrôles ».
Parallèlement, la Commission des jeux continue de soutenir que, lorsque son propre régime de contrôles sera en place, ceux-ci seront « sans friction ». Cela signifie que les clients ne seront pas informés qu’un contrôle est en cours, sauf dans un nombre très limité de cas.
Cependant, jusqu’à présent, la Commission a fourni peu de détails sur les preuves soutenant cette affirmation, même en réponse à une demande d’accès à l’information de la BHA.
Les questions soulevées par le CMSC nécessitent des éclaircissements. Bien que la Commission ait pu croire que les contrôles de solvabilité étaient enfin en bonne voie, d’autres rebondissements pourraient encore se produire sur ce chemin semé d’embûches.