Jean-Michel Goncalves, une passion indéfectible pour le stade de Nancy
« Souvent, les gens sont surpris de me croiser dans un stade. Mais c’est chez moi. » Jean-Michel Goncalves, qui a perdu la vue en 2008, entretient un lien fort avec les tribunes qu’il fréquente depuis quarante-quatre ans. « J’y trouve du bonheur, c’est inexplicable, déclare cet homme de 51 ans. Mon père me menait à Nancy et à Metz dès l’âge de 7 ans. Pourquoi, je ne sais pas, mais j’ai toujours eu une préférence pour Nancy. » L’adolescence a été marquée par de nombreux déplacements : « J’aimais l’ambiance, chanter. C’est une expérience unique. »
Un parcours de supporter engagé
C’est lors d’un de ces voyages qu’il prend un mégaphone pour la première fois. « À Wasquehal, nous étions dix. On m’a demandé de lancer le Aux armes ! », se remémore avec fierté le cofondateur du groupe de supporters ASNL F@N Connexion, créé en 2001. Devenu naturellement capo, il ne quitte plus le kop rouge et blanc et a réussi à réaliser quatre « grands chelems » entre 2006 et 2009, n’échappant au cinquième qu’à cause de l’arrivée de son chien guide.
Jean-Michel Goncalves se souvient également des soirées mémorables, notamment celles passées au pub le Connemara, qui agrémentaient les trajets vers Bordeaux. « J’espère que les jeunes vivront autant d’émotions que moi. Je les ressens encore aujourd’hui ! »

Un lien renforcé avec le stade
Depuis qu’il est aveugle, surnommé « Minus », Jean-Michel a renforcé son attachement au stade : « Il me fait ressentir les choses. J’aime quand ça va d’un côté et de l’autre. On sent la joie, la crispation, la frustration. Je reçois ces émotions », glisse-t-il.

Jean-Michel Goncalves a entretenu cette connexion en visitant d’autres parcages. Avec les Dijonnais, par exemple, il a assisté à des matchs à Amiens, Ajaccio et Metz. « Ça permet de ressentir un autre état d’esprit, de s’ouvrir », explique-t-il. De ses matches, le natif de Saint-Max, dans l’agglomération nancéienne, retient l’inclusivité de beaucoup d’ultras. « Ce que je regrette en revanche, c’est qu’un handicapé en fauteuil par exemple soit seulement dans un coin. »

Plus largement, il s’est mobilisé pour tous les fans nancéiens, obtenant notamment la réduction des coûts de déplacements. Cette figure du club lorrain n’a gardé aucun ticket, pas même celui du sacre en Coupe de la Ligue.