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Didier Deschamps : un bilan mitigé après 14 ans à la tête de l’équipe de France
FootballÉquipe de France

Didier Deschamps : un bilan mitigé après 14 ans à la tête de l’équipe de France

Daniel Carter Par Daniel Carter
2 août 2026 4 min de lecture 0 commentaire
Sommaire
  1. Le paradoxe du tournoi
  2. Le bilan de Deschamps

Didier Deschamps a peut-être eu raison depuis le début. Au cours de ses 14 années à la tête de l’équipe de France, il a souvent été critiqué pour sa prudence excessive, sa volonté de contrôler le jeu, et pour ne pas avoir pleinement exploité le potentiel de ses attaquants. Lors de ce tournoi, son dernier en tant que sélectionneur, Deschamps a assoupli son approche – du moins d’un point de vue tactique ; il reste aussi grincheux que jamais dans ses déclarations publiques. La France a offert un football flamboyant ces dernières semaines, mais face à une véritable équipe d’élite, elle a été débordée. Il aurait été bénéfique pour elle d’adopter une approche plus classique de Deschamps.

Le paradoxe du tournoi

Le paradoxe de ce tournoi résidait dans le fait que, plus la France jouait bien, plus les huit années écoulées depuis leur victoire en Coupe du Monde semblaient être une perte. L’admiration pour leur excellence offensive aux États-Unis a été assombrie par un sentiment de regret quant à la beauté et à la joie que la rigidité de Deschamps a pu priver le monde au cours de la dernière décennie. Cette équipe aurait pu incarner l’éclat et le panache, suscitant des comparaisons légitimes avec la France glorieuse des années 80.

Il serait exagéré de dire qu’ils peuvent être comparés à la Hongrie de 1954, aux Pays-Bas de 1974 ou au Brésil de 1982, en tant que l’une des plus grandes équipes à ne pas avoir remporté la Coupe du Monde, mais il y a eu un moment avant leur victoire 1-0 contre le Paraguay en huitièmes de finale où cette comparaison aurait pu sembler appropriée.

Le bilan de Deschamps

Deschamps quitte son poste avec un palmarès comprenant une victoire en Coupe du Monde, ainsi qu’une finale et une demi-finale. Il a également atteint une finale et une demi-finale lors des Euros. Atteindre le dernier carré de cinq grands tournois sur une période de 14 ans paraît être un accomplissement remarquable, et en effet, c’en est un. Cependant, Deschamps a bénéficié de générations successives de joueurs extraordinaires ; un seul trophée avec ces talents est peut-être juste la norme. Certains observateurs, fatigués par son style de jeu, avancent que, malgré ses succès apparents, Deschamps a freiné l’équipe de France.

Pourquoi, alors, a-t-il modifié son approche ? Certains l’ont dépeint comme un pragmatique, ni contrôlant ni improvisant véritablement, mais plutôt s’adaptant à ce qui semblait le mieux avec les joueurs à sa disposition. Cela souligne à quel point les choix de Deschamps ont semblé sortir de son caractère habituel et comment les perceptions ont radicalement évolué.

Lors des Euros il y a deux ans, la France était perçue comme une équipe défensive et austère, jouant un style peu attrayant qui les avait conduits à la victoire en 2018, tandis que l’Espagne représentait une mise à jour audacieuse du jeu de position, capable de conserver la possession au milieu de terrain, rehaussée par la vitesse de ses attaquants. Cependant, dans ce tournoi, alors que la France brillait, c’est l’Espagne, dont les options offensives ont été diminuées par des blessures, qui a étouffé ses adversaires.

Si l’on inclut la Ligue des Nations, cela fait trois tournois consécutifs où l’Espagne a battu la France en demi-finale, le football procédural triomphant.

Kylian Mbappé is tackled by Lamine Yamal of Spain

Une théorie suggère que Deschamps a été contraint de changer d’approche par l’évidente brillance de ses options créatives, et cela pourrait être vrai, mais la France a toujours eu de bonnes options offensives – peut-être pas aussi nombreuses ou variées qu’aujourd’hui – depuis au moins une décennie. Deschamps semble toujours avoir été réticent à laisser ses attaquants jouer librement, à relâcher le frein ; ce match a parfaitement illustré pourquoi.

Les doutes concernant la France se situaient principalement au milieu de terrain et au poste de latéral gauche. Malheureusement, ces points faibles correspondaient aux deux plus grandes forces de l’Espagne. Dans un sens très évident, le penalty a été obtenu grâce à Lamine Yamal qui a provoqué une faute maladroite de Lucas Digne, mais sur un plan plus fondamental, cela résultait de la domination espagnole au milieu de terrain.

La question ces dernières semaines a été de savoir si, face à des adversaires plus forts, Deschamps remplacerait un attaquant par un milieu de terrain supplémentaire, passant d’un 4-2-3-1 à un 4-3-3. Le jeu créatif de la France était si enivrant qu’il semblait finalement impossible de l’envisager, mais ici, cela aurait été sans aucun doute une bonne idée. Il y a eu des périodes en première mi-temps où Aurélien Tchouaméni et Adrien Rabiot ont été débordés. Finalement, la solution de Deschamps n’a pas été de renforcer le duo, mais de retirer Rabiot. Après un tournoi solide, il a connu une première mi-temps désastreuse et, avec un carton jaune, il était un risque évident de carton rouge.

Que se serait-il passé s’ils avaient aligné Tchouaméni, Rabiot et Manu Koné dès le départ ? Que se serait-il passé s’ils avaient joué avec seulement deux des trois joueurs Michael Olise, Ousmane Dembélé et Bradley Barcola aux côtés de Kylian Mbappé ? Étant donné la faible contribution de chacun d’eux, cela n’aurait pas pu être pire. Avec l’Espagne dominant le milieu, le redouté quatuor offensif ne recevait tout simplement pas le ballon souvent. La structure espagnole les a étouffés et, avec trop de joueurs engagés dans la créativité, la France est restée vulnérable aux transitions.

Dans sa défaite ultime, Deschamps a atteint sa plus grande validation. Le talent ne doit jamais être pris pour acquis.

Daniel Carter

À propos de l’auteur

Daniel Carter

Journaliste sportif — football, tennis et sports mécaniques

Je couvre le football, le tennis et les sports mécaniques en donnant à chaque résultat son contexte et ses enjeux.

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