Les incidents entre hooligans à Paris étaient prévisibles, selon Nicolas Hourcade
Nicolas Hourcade, sociologue et professeur agrégé de sciences sociales à l’école centrale de Lyon, a réagi aux affrontements survenus jeudi soir à Paris, où six personnes ont été blessées. Au total, 65 individus ont été placés en garde à vue, alors que la finale de la Coupe de France opposant Nice à Lens se profile pour ce vendredi.
« Que vous inspire cet affrontement entre hooligans ? » a-t-il commenté. « De manière générale, les incidents majeurs entre supporters se produisent la veille des matchs, car les jours de match, le stade et le centre-ville sont fortement sécurisés. Les supporters se déplacent alors la veille, se montrant dans les rues de la capitale pour affirmer leur capacité à mobiliser un nombre conséquent de personnes dans une ville où ils peuvent potentiellement croiser des adversaires. Cela dépasse largement le cadre d’une finale de Coupe de France ou des supporters niçois ou parisiens. »
Quand on lui demande s’il existe des précédents avant une finale de Coupe de France, il répond.
« Non, pas vraiment. Bien que cela soit fréquent lors de déplacements européens, les incidents lors des finales de Coupe se limitaient jusqu’à présent à des événements l’après-midi du match, près des gares, qui sont des points d’accès pour les supporters arrivant à Paris. Des affrontements comme ceux d’hier (jeudi) peuvent survenir, car certains supporters visiteurs arrivent un ou deux jours avant dans la ville. »
Selon la division nationale de lutte contre le hooliganisme (DNLH), le risque pour le match était de 3 sur 5. Était-il impossible pour les forces de l’ordre de prévoir de tels incidents, même la veille d’un match ? « Les risques étaient identifiés, oui, a-t-il affirmé. En effet, lors de grands matchs, il est courant que les supporters en déplacement soient accompagnés par des groupes amis, comme ceux de Lille, Nancy et Sarrebruck. Ce n’est pas atypique. De plus, depuis 2010, avec le plan Leproux, des groupes de hooligans comme Karsud, IndepVa91, Maudits 2000 et Jeunesse Boulogne ne se manifestent plus dans le stade ou à proximité immédiate, mais plutôt plus loin et en amont. » Il conclut en notant que « si 65 personnes ont été placées en garde à vue, c’est qu’un dispositif policier devait être prévu. Je n’ai pas d’informations supplémentaires à ce sujet, donc je préfère ne pas m’exprimer là-dessus. »