Hugo Descat s’interroge sur son absence en équipe de France : « Peut-être que je dérange »
« Alors que vous étiez un élément clé sous l’ancienne direction de Guillaume Gille (2020-2026), vous n’avez pas été retenu pour les quatre premiers matches de Talant Dujshebaev, en mars et en mai derniers. Comment vivez-vous cette situation ? Je suis la preuve que rien n’est acquis en équipe de France. Cela ne me dérange pas, mais j’aurais apprécié un peu plus de clarté de la part du staff technique et de la Fédération. J’ai l’impression de ne pas être sélectionné parce que, peut-être, je dérange. Pourtant, je n’ai jamais eu de problème avec les entraîneurs où que j’aille. J’ai travaillé avec Patrice Canayer (à Montpellier, 2019-2023), et tout le monde sait comment il est. J’ai passé quatre ans avec lui et cela s’est très bien déroulé. À Veszprem (Hongrie depuis 2023), je suis sous la direction de Xavi Pascual, qui est connu pour être un entraîneur très exigeant, et cela se passe également très bien avec lui, il m’a même fait prolonger mon contrat à Veszprem.
Avez-vous reçu des explications à ce sujet ? J’ai eu une conversation avec Talant (Dujshebaev). Il m’a dit que cela concernait l’âge, plus ou moins. Il souhaitait une équipe un peu plus jeune. Cela ne pose pas de problème, mais j’ai 33 ans, pas 40. Je suis en forme. Je n’aime pas me vanter, mais j’ai réalisé une très bonne saison (87 buts en 17 matches de Ligue des champions). Quand je suis appelé en équipe de France, je réponds toujours présent. Généralement, en club aussi. Les Anglais disent que l’âge n’est qu’un chiffre. J’apprécie cette expression. Pourquoi privilégier des joueurs plus jeunes alors que ceux qui sont en forme méritent leur place ? Drévy (Paschal, le nouvel ailier gauche des Bleus) est un excellent joueur et un bon gars. Je l’apprécie beaucoup. Je suis ravi pour lui, c’est la vérité. Dylan (Nahi), c’est pareil. C’est mon frère. Je ne leur souhaite que du succès. Mais si je dois défendre ma cause, je trouve cela injuste. Cela dit, je ne suis pas l’entraîneur.
Ressentez-vous que vous êtes écarté pour des raisons autres que sportives ? Je ne sais pas. J’essaie de comprendre pourquoi. En ce qui concerne l’âge, je n’y crois pas vraiment. Pour moi, un entraîneur qui ne t’a jamais dirigé ne peut pas te juger sur des critères extrasportifs.
Avez-vous pu en discuter directement avec Talant Dujshebaev ? Oui. Je l’ai appelé parce que la situation me perturbait. Nous avons eu une discussion respectueuse. Talant est un homme de valeur, un grand entraîneur, je le respecte énormément. C’est juste que je ne partage pas son avis. S’il me convoque, je viendrai sans hésitation, c’est certain. Je pense que la porte n’est pas fermée. C’est d’ailleurs ce qu’il m’a dit au téléphone. Je serai toujours disponible pour l’équipe de France, c’est une certitude.
De l’extérieur, les observateurs ont été étonnés de votre absence dans la sélection. Vous vous y attendiez ? Oui et non. Étant donné que la situation ne s’était pas bien déroulée lors de l’Euro (7e place), j’avais l’impression qu’il allait conserver les mêmes joueurs pour mettre les choses au clair avec eux. Je suis celui qui a été écarté avant même d’avoir des explications.
Comment avez-vous reçu la nouvelle ? Il m’a appelé la veille de l’annonce de la première liste. Il m’a dit qu’il avait beaucoup de respect pour ce que j’avais accompli avec l’équipe de France, c’est pourquoi il m’informait en premier.
Sur le moment, comment avez-vous réagi ? C’était un peu difficile, surtout que nous jouions à Nantes le soir avec Veszprem (défaite 33-31 en Ligue des champions, le 5 mars). Après, il faut rester professionnel, mais c’était compliqué. »