Vincent Labrune défend son bilan à la LFP face aux critiques
Vincent Labrune, président de la Ligue de football professionnel (LFP), a souvent été absent lors des assemblées générales de la Fédération française de football (FFF), mais il a fait une apparition remarquée lors de la dernière réunion à Ajaccio, après avoir assisté au comité exécutif. Dans son allocution, il a vigoureusement contesté l’idée d’une crise dans le football français.
« Sportivement, au risque de surprendre certains, le football professionnel français se porte très bien », a-t-il déclaré. « Nous avons connu deux saisons passionnantes en Ligue 1 et Ligue 2, avec des affluences record pour la troisième année consécutive. Je tiens à féliciter le PSG pour son titre et Lens, qui l’a poussé jusqu’à la fin de la saison. Cela démontre la résilience de nos clubs dans un contexte économique difficile. »
Performance européenne et défis financiers
Sur le plan européen, la situation est encore plus favorable, a-t-il ajouté, alors que les rumeurs de son départ persistent. « Bravo à Strasbourg, qui a atteint les demi-finales de la Coupe d’Europe, et au PSG. Avec deux victoires de Paris en un an, la France a remporté plus de Ligues des champions que durant les 70 dernières années. »
Concernant la santé financière, Labrune a souligné que les droits télé domestiques constituent le principal « problème majeur ». « Cela remonte à une rupture avec Canal+ suite à l’attribution des droits à Mediapro, a-t-il précisé. Nous évoluons dans un marché sans véritables concurrents. Nous avons engagé Nicolas de Tavernost, ancien directeur général de LFP Media, qui a également rencontré des difficultés avec notre partenaire historique (Canal+). Néanmoins, il a accompli un exploit en lançant, en un temps record, la plateforme Ligue 1+, qui connaît un grand succès et améliore l’image du football professionnel. Nous comptons 1,1 million d’abonnés. Nous espérions une plus grande audience, mais cela viendra la saison prochaine, car nous aurons l’intégralité et l’exclusivité des matchs. »
Critiques sur la réforme de la gouvernance
Bien engagé, Labrune a ensuite critiqué la réforme de la gouvernance.
« Sur le plan politique, la LFP a décidé d’accompagner cette réforme de manière coopérative et bienveillante. Cependant, au fil du temps, le texte s’est complètement éloigné des objectifs initiaux. Aujourd’hui, dans sa forme actuelle, il n’est pas acceptable pour la majorité des clubs professionnels. En outre, il prévoit la participation des supporters dans les instances. Comme le dit le président Diallo, nous ne savons pas de quels supporters il s’agit. Si ce sont ceux qui causent des troubles dans les tribunes, c’est surprenant de leur accorder une place au sein de nos instances. C’est comparable à inviter les fauteurs de troubles du 1er mai à la Garden-Party de l’Élysée le 14 juillet. »
Il a également exprimé son désaccord sur l’obligation de diffuser chaque semaine un match en clair :
« Cela nous fragilise quand nous discutons, par exemple, avec des plateformes américaines pour la vente de nos droits. De plus, cela nous prive pratiquement de nos seules ressources, les paris sportifs, qui seraient transférés à la Fédération. »
En conséquence, Labrune a averti les décideurs politiques :
« Il y a maintenant deux options : soit le texte est soumis à l’Assemblée et le football professionnel unira ses forces avec la Fédération pour le modifier et le rendre acceptable, soit il ne sera pas inscrit, et ce ne sera pas la fin du monde. Nous travaillerons à la rentrée sur un projet de réforme alternatif. »